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June 28, 2006

BANTU CONTINUA UHURU NIHILISMUS

Filed under: 2005 - giant steps, dionysos andronis, kaganof short films — ABRAXAS @ 2:48 pm

review by Dionysos ANDRONIS

Cette vidéo de 25 minutes réalisée par Aryan Kaganof en 2003 est dédicacée à Steve Biko, le militant anti-apartheid assassiné en 1977 par la police raciste de l’époque. Deux sociétés de production sont citées au générique : « Pine Slopes », la maison d ‘édition de l’écrivain Kaganof et « Silent Woods », la maison de production de Dick Tuinder qui signe la musique originale du film avec son pseudonyme usuel Ramon Dos Santos.
Cette vidéo d’art est une œuvre difficile à interpréter ou analyser. Elle est parmi les plus compliquées formellement et symboliquement. Cinq danseurs noirs improvisent et récitent ensemble ou seuls les poèmes de Lefifi Tladi, un poète de langue afrikaans. Les chorégraphies sont dirigées par Moeketsi Koena et Nita Liem, également danseurs, et interprétées aussi par deux autres, Moshe Maboe et Thokozane Mthiyane. Le film est en trois parties. Sur la première partie les musiques sont surimposées et les images nous montrent un danseur seul en train d’improviser. Le ralenti est en accord avec la voix lente du récitant qui interprète les vers en afrikaans. Les cadrages penchés et tremblants font référence indirectement au système politique instable du pays de ce poète dont les vers incompréhensibles nous laissent pourtant une impression sonore forte et stimulante, une envie de déchiffrer cette langue ancienne et moderne. Ce point ambigu nous prépare pour toutes les autres ambiguïtés qui vont suivre.
La deuxième partie du film est toujours difficile à analyser mais quelques symboles caractéristiques nous aident un peu. Le cadrage cette fois tourne en cercle tandis que les cinq danseurs improvisent ensemble un happening théâtral qui nous montre une querelle dansée et une réconciliation «nerveuse ». Voilà encore une ambiguïté de ce film de l’imagination. Les actants tremblent d’émotion et nous livrent un jeu palpitant et stylisé, plein de grâce visuelle et symbolique. Une porte en bois, symbole d’oppression, pèse sur un de nos actants tandis que les autres se livrent à leur jeu hystérique, en désaccord symbolique avec la chanteuse d’opéra qui fait une irruption brève grâce au mixage sonore vif.
La troisième partie du film commence par un seul danseur accompagné par la musique électroacoustique de Dick Tuinder. Il nous offre une danse de serpent tandis que la musique nous prépare métaphoriquement de la fin qui est aussi le point culminant simple et humain : les spectateurs applaudissent vivement les actants rassemblés sur scène.
A noter que la danse contemporaine a toujours été le thème de prédilection de Ian Kerkhof – Aryan Kaganof. Il suffit de revoir ses classiques du passé comme « Dead Man 2 » et « Minnamanna » ou les films récents comme celui-là et « I am an African », réalisé la même année. Les poèmes de Lefifi Tladi serait le sujet du court métrage «A sun dance ecstasy », réalisé la même année (en 2003) aussi.

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