kagablog

March 20, 2007

Concert de Merzbow ( Masami Akita ) au Nouveau Casino le 13 Mai 2005

Le vendredi 13 mai 2005, au Nouveau Casino, 109 rue Oberkampf, Merzbow ( Masami Akita de son état ) a donné un concert. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit du pape japonais du noise. Cette “musique” extrème est composée de bruits stridents, distordants, saturés qui s’entrechoquent à toute vitesse dans le but de vous déchirer les oreilles et faire fondre les neurones. C’est du terrorisme sonore, de la torture sonique qui nous attendait ce soir là. t-canalblog_musique_merzbow01.jpgt-canalblog_musique_merzbow02.jpgMon premier contact avec Masami Akita remonte à 1998 ou 1999, lors d’une soirée Trash à l’Etrange Festival de Paris où fut diffusé le documentaire “Beyond Ultra-Violence Documentary on the Japanese artist Merzbow, directed by Ian Kerkhoff.” Imaginez une salle de cinéma bondée remplie durant plus d’une heure par un chaos sonore genre tronçonneuse découpant des vitres. Depuis cette expérience “traumatisante” et l’achat de l’album “Pulse Demon”, je m’étais juré de le voir en concert pour retrouver cette ambiance de folie froide. Il est aussi l’auteur de vidéos ultra-confidentielles de seppuku de jeunes femmes. Le seppuku est le vrai terme pour harakiri qui est une mauvaise lecture des idéogrammes chinois. Masami Akita a notamment réalisé la vidéo Paradise Lost, décrite dans le livre anglais “Eros in hell” de Jack Hunter consacré au cinéma extrémiste japonais. C’est ultra gore, sans concession, une réelle expérience limite.

Le show a commencé à 19H30 avec différents guests dont le hargneux Karkovski qui fait concurrence à Merzbow dans la douleur sonore. Merzbow a joué de 21H30 à 22H30 à peu près, devant une foule d’une bonne centaine de personnes, moyenne d’âge 30 ans, 80% de mecs, adeptes de ce genre d’expérience. Merzbow gardera un visage inexpressif, extrémement concentré sur son travail, déchainant à partir de son Mac un torrent rageur de décibels sur le public. Pour l’anecdote, c’est ce soir là que j’ai vu la plus grande concentration de gens avec des boules quiès :-) c’est dire si l’expérience Merzbow peut choquer l’organisme. Autre anecdote, une japonaise filmant une fille qui dansait lors du set du couple Karkovski et Merzbow : c’est suffisamment étrange pour immortaliser l’évènement.

En ce qui me concerne j’étais assis au bar, sirotant quelques bières, baissant la tête de temps en temps, yeux fermés pour me plonger dans cette violence, essayer d’isoler les sons, ressentir la volonté terrible qui accouche cette musique. En étant concentré on se rends finalement compte que ce bruit est en fait une superposition de plusieurs sons, formant un tout qui peut sembler hétéroclique. C’est d’un côté des basses puissantes, sourdes, qui passent en boucle avec effet hypnotisant et de l’autre des sons aigus, extrémement rapides, genre larsen puissance mille qui éclatent dans le cerveau, transperçant les oreilles comme des centaines d’aiguilles. Le tout forme le noise, genre ultime du son.

Je sors de là épuisé, lavé de fond en comble par ce déluge de sons. Je discute un peu avec Replicant, un pote du temps où je fréquentais le milieu gothique puis je rentre à pied chez moi vers un repos réparateur largement mérité!

Lien vers “Merzbow - Live à Paris (Le Point Ephémère) le 20/10/04″ :
http://www.metal-immortel.com/merzbow_paris_point_ephemere_201004.htm

this article first appeared on japancanalblog

Leave a Reply