Unyazi of the bushveld - 2007

Ce film de Aryan Kaganof a été tourné en 2005, lors du premier symposium éponyme organisé par notre concitoyen Dimitri Voudouris à l’Université de Witwatersrand, près de Johannesburg. Le montage final a été achevé cette année, puisque ce film est vraiment une improvisation formelle, musicale et, avant tout, stylistique et ainsi cette improvisation a pris du temps pour être transférée en film.

Le film commence avec les mots du compositeur Francisco Lopez et continue avec ceux des théoriciens George Lewis (qui est américain et grâce à qui ce film a été projeté au dernier festival jazz de l’Université Columbia), Christo Doherty et le musicologue James Sey. La mise en scène est libre et avancée et elle nous laisse dans l’impatience de connaître ces musiques improvisées et modernes par leur nature. Elle est en accord avec le contenu musical du film. Kaganof a rassemblé un grand nombre d’images sur les festivités et leurs préparations. Ainsi on voit les musiciens de toutes les nationalités en train de faire des essais et des répétitions avec leurs instruments de musique. Ces essais sont présentés comme une symphonie visuelle et acoustique. Le directeur Voudouris ajoute que ce festival serait aussi un événement multi-média.

La nature des images est angoissée et poétique, marquée par une volonté intérieure de visiter et d’imprimer sur pellicule le maximum de cette organisation artistique qui fait preuve d’une renaissance culturelle au pays du cinéaste. Plusieurs personnalités qui parlent ou qui participent à ce documentaire expérimental ont déjà leur rubrique personnelle au KagaBlog. Je vous parle surtout de Voudouris, de James Webb, de Doherty, de Michael Blake et de Joel Assaizky. Avec ceux-ci il y a les autres musiciens qui n’ont pas encore de rubrique mais dont des articles relatifs de notre site en parlent. Par exemple le saxophoniste Zim Ngqawana et Luc Houtkamp (voir notre article du 15-07-07 sur son clip « Comment nous avons arrêté de nous inquiéter et aimé Mandela ») sont des jeunes musiciens les plus prometteurs du pays aujourd’hui.
Pour terminer nous allons utiliser les mots d’un journaliste français comme hommage à Lucky Dube, le musicien reggae sud-africain assassiné récemment. Ce dernier avait donné un concert à Paris quelques mois avant. Ngqawana était sur le même concert un jour avant lui. Même si Lucky Dube n’était pas au festival Unyazi, un festival très différent de son univers musical, un petit hommage s’impose par nous : « Lucky Dube s’est produit à Paris, pour la dernière fois, en avril, invité par la Cité de la Musique, dans le cadre du cycle «Faubourgs d’Afrique du Sud ». Formidable d’énergie, entouré d’un groupe à l’efficacité épatante, l’artiste, qui incarne les doutes et les désillusions de la «nouvelle » Afrique du Sud, y présentait Respect, sorti en 2006, son ultime et vingt et unième album », écrit par Patrick Labesse in «Le Monde » du 28 octobre 2007, p.18.
dionysos andronis
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