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January 19, 2008

l’interaction entre l’ouevre filmique et plastique d’ andy warhol

Filed under: dionysos andronis, art, film — ABRAXAS @ 2:38 am

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CONCLUSION

La plus importante contribution de WARHOL dans l’histoire de l’art est d’avoir souligné les interactions entre cinéma et peinture dans notre siècle. Plusieurs artistes antérieurs ont focalisé leur regard sur cette problématique (par exemple, Jasper JOHNS dont les tableaux sont marqués par la discontinuité figurative qui renvoie à la juxtaposition des plans filmiques contradictoires) mais c’est lui qui offrit la première réponse complète tout en faisant la synthèse des propositions des précédents artistes et en anticipant celles des suivants.

Il n’y a pas d’originalité chez WARHOL, ni dans l’œuvre plastique, ni dans l’œuvre filmique les principes de sérialité et de répétition lui sont antérieurs, autant qu’aux artistes minimalistes. (Jasper JOHNS (dans ses tableaux) introduisait des séries d’objets peints, Fernand LEGER répète la même séquence plusieurs fois dans son film “Ballet Mécanique”). La préoccupation par les objets quotidiens et banals remonte à Marcel DUCHAMP qui, comme WARHOL, ironisait ses motifs “ready-made” d’une manière différente de la sienne : en mettant en avant leur inutilité. La critique de la culture de masse à travers un prisme nihiliste a déjà été introduite par les dadaïstes. WARHOL a apporté un élément supplémentaire, apparemment inconciliable : l’éloge.

L’élimination des limites séparant les domaines artistiques n’est pas non plus attribuable en premier lieu à WARHOL. Maurice LEMAITRE faisait des séances de cinéma “infinitésimal” avant lui. WARHOL n’est pas le créateur du film de temporalité non-elliptique. Nam JUNE PAIR a précédé. Il n’était pas le premier à élargir les dimensions des tableaux puisque les peintures monochromes de REINHARDT le précèdent. Il n’a pas, le premier, introduit la non-narrativité dans ses œuvres ; MALEVTTCH faisait des illustrations géométriques privées de toute intrigue bien avant lui. Enfin, WARHOL n’était pas le premier à avoir adopté un point de vue objectif puisque la grande tradition en remonte à DOSTOÏEVSKI et même avant.

WARHOL est devenu une légende de notre siècle parce qu’il a su offrir la meilleure documentation sur ses mythologies. A cela tient son originalité. La distanciation de l’illusion réaliste dans ses figurations et ses films (puisque leurs personnages sont quasi-caricaturaux) tend à offrir une vision singulière de l’univers. La reproduction mécanique de ses motifs plastiques ou cinématographiques leur enlève toute trace de vie et leur donne une impression mortelle. C’est la mort de 1′image que WARHOL anticipe dans ses tableaux et dans ses films. Ce n’est pas fortuit s’il a souvent employé le thème de la mort dans ses tableaux (par exemple “Electric Chair” ou la série “Disasters”) ou dans ses films. Il a voulu ainsi exercer une prophétie allégorique sur la mort de la société moderne.

dionysos andronis
universite de provence

NOTES
(1) - Klaus HONNEF : “Andy WARHOL. De l’art comme commerce”,
Editions Taschen, 1990, p.81
(2) - Andy WARHOL : “Rien à perdre”,
Cahiers du cinéma n°205, Paris, octobre 1968
(3) - lannis KATSAHNIAS : “Et l’image fut”,
Cahiers du cinéma n° 433, Paris, juin 1990, p.79
(4) - Patrick de HAAS, dans “Andy WARHOL. Cinéma”,
Editions Carré, Paris, 1990, p.17
(5) - lannis KATSAHNIAS, op.cit, p.78
(6) - Patrick de HAAS, op. cit, p.19
(7) - Otto HAHN : “Avant-garde : théorie et provocations”,
Editions Chambons, Nîmes, 1992, p.125
(8) - Patrick de HAAS, op. cit, p.25
(9) - Gène YOUNGBLOOD : “Expanded Cinéma”,
Editions P. Dutton & Co, New-York, 1970
(10)- Patrick de HAAS, op. cit, p.24
(11)- Ibid, p.25
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(12)- Adriano APRA, Enzo UNGARI, dans “Andy WARHOL. Cinéma”, op. cit, p.132/134
(13)- Patrick de HAAS, op. cit. p.30/31
(14)- Andy WARHOL : “The philosophy of Andy Warhol. From A to Z and back again”, New-York, Harcount Brace Jovanovich, 1975
(15)- Patrick de HAAS, op.cit, p.22/23
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