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March 25, 2008

«Cliquez ici pour vous désinscrire » (2008) de Aryan KAGANOF

Filed under: 2008 - click here to unsubscribe — ABRAXAS @ 1:33 pm

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Ce dernier court métrage de Aryan Kaganof « Click here to unsubscribe » est un film de commémoration des valeurs révolutionnaires de Mai 68, 40 ans après. Ce film extraordinaire a fait sa première mondiale à Johannesburg le 15 mars 2008, quelques jours après l’installation de son auteur en Suède. Nous avons été très fiers de lire notre nom à la fin parmi les remerciements car nous avons toujours souligné l’héritage cinématographique de Guy Debord, un des chefs spirituels de cette résurrection, chez Kaganof. Et le film commence par une citation de Debord datant de 1956 à propos du cut-up cinématographique, qui était aussi le principe de mise en scène de notre dernier film. Kaganof a réinventé le cut-up pour ce film en transformant le coté «aléatoire » du montage en champ de réflexion et de synthèse.

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Difficile à présenter globalement et à analyser, le film «Cliquez ici pour vous désinscrire » est avant tout une leçon de montage et de suggestion métaphorique. Après la citation de Debord, il y a les images de Hitler et de ses ministres lors d’un énorme défilé militaire. Le vaisseau spatial célèbre transportant les premiers astronautes qui ont marché sur la lune en 1969 fait aussi son apparition. Les mêmes astronautes et leurs prises de vue de cet événement reviendront à plusieurs reprises tout au long du film mais en instantanés courts, comme tous les plans du film d’ailleurs. Des danseuses à moitié nues se balancent aux sonorités festives de cette époque. Les policiers français de mai 68 sont en train d’assommer des manifestants tandis que des images de fiction d’octobre 1917 viennent s’ajouter à celles de cette résurrection parisienne. La musique vive devient un peu aiguë et expérimentale puisque les lieux changent constamment : on est transporté de Paris dans un camp de concentration fictif tandis que des inserts réels de matelots des films classiques d’Eisenstein font des courtes apparitions. Tout le film est en noir et blanc pour souligner le coté authentique de ces images cinématographiques retro, en provenance de plusieurs films anciens célèbres. A la fin de la première partie le titre revient, pas pour changer le ton mais pour donner une suite encore plus métaphorique puisque ce titre énigmatique l’est aussi.

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La deuxième partie du film commence avec la chanson joyeuse des années 60 «Party Girl » et des scènes de danse vive qui seront toujours entrecoupées par les images de la résurrection parisienne de mai 68, des films de guerre et des scènes documentaires des défilés militaires soviétiques. Il y a des blessés dans tous les rangs : les jeunes de mai 68, les simples passants et les soldats. La chanson pourtant reste aussi palpitante et charmante qu’au début. Cette chanson et le montage dialectique de connotation politique qui l’accompagne nous font penser à un film classique sur la manipulation du public par le biais des images trompeuses de mode et de luxe : au film «Ce soir faisons tous l’amour à Londres » de Peter Whitehead qui serait aussi un des premiers exemples de film - happening politique basé sur l’esprit contestataire des années 60. La citation sur le générique de la fin dit «Le cinéma aussi doit être détruit - Guy Debord 1959» et la voix chantée de Lydia Lunch s’ajoute en contrepoint sonore sur les autres phrases écrites du même auteur. Ce serait un argument métaphorique pour dire que l’esprit subversif de mai 68 et de Debord prend une suite moderne au cinéma de transgression (dont Kern était le leader charismatique et duquel Lunch était la vedette) ou même aujourd’hui par des cinéastes essentiels et fils spirituels de deux précédents, comme Kaganof.

Dionysos ANDRONIS

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