kagablog

April 21, 2008

Un bunker en banlieue

Filed under: dionysos andronis, literature — ABRAXAS @ 12:22 pm

042.jpg

Dans son troisième roman le musicien, performer et vidéaste Jean-Luis Costes revient au chemin de l’édition autofinancée. C’est le même chemin de ses anciens films et enregistrements audio et cette fois de son nouveau roman «Un bunker en banlieue ». Sa maison «Eretic » (écrit en anglais) était la première société d’import VHS des films mythiques de Nick Zedd et de Richard Kern dans les années 80-90, en provenance des Etats Unis. Maintenant, après plusieurs années d’absence, cette ancienne société à lui est devenue une petite maison d’édition et ce roman est sa deuxième référence bibliographique. En étant émotionnellement liés, grâce à ses imports, avec cette ancienne société (renouvelée aujourd’hui), nous avons voulu honorer avec cet article sa rentrée dans le monde de la culture.

Ce roman écrit en argot «ne ressemble en aucun d’autre. Ce sont les derniers soubresauts d’un homme blessé devenu bête sauvage » (écrit par Sophie Diaz, sur la couverture verso de Jean-Louis Costes «Un bunker en banlieue », éditions Eretic, Saint Denis, pp.264, 2008). Nos anciens articles sur Jean-Louis Costes sont toujours en ligne sur son ancien site depuis 1998. Dix ans après, nous sommes restés des fans inconditionnels de Costes et nous avons suivi pendant ces 10 ans la plupart de ses performances parisiennes.

Écrit en première personne, ce roman est différent du précèdent «Grand-père » (sorti par une grande maison d’édition) qui racontait en troisième personne les mésaventures du papy Costes, immigré et ouvrier, pas très fort en français. Durant une semaine (entre le 7 et le 14 septembre), un jeune homme s’enferme chez lui en banlieue et affronte ses visions et hallucinations remplies de haine contre ses concitoyens «Promis, juré. Demain, je massacre cette putain de cité, op.cit., page 88 ». Pourquoi ces dates (7-14 septembre)? Parce que le 11 septembre qui est au centre est une date symbolique afin de connoter cette fois un nouveau terrorisme, celui de l’état contre les individus. Mais le protagoniste s’enferme et commence sa descente aux enfers pour quelle raison ? Pour pratiquer une sorte de «vengeance » vis à vis de la société méchante ou pour concurrencer le matraquage info du 11 septembre ? Tout le roman serait un monologue intérieur rempli de «haine douce » et d’autres ambiguïtés justifiées par le manque d’équilibre du personnage. Les phrases sans connexion directe, qui sautent «du coq à l’âne », sont les moyens d’une défense faible à l’agressivité extérieure. Le protagoniste se livre à son interprétation hystérique puisqu’il sent sa fin proche. Les phrases incohérentes sont parfois machistes, le langage typique de la banlieue (par exemple «Ce qui les branche en vrai, ces salopes, c’est voir tous les mecs bander pour leur moule »,op.cit. p.52) et parfois le contraire, c’est à dire homosexuelles (par exemple « C’est moi Momo, ton pote. Souviens-toi quand on s’enculait dans les chiottes du collège* » op.cit. p.140). Le soliloque primitif continue avec d’autres incohérences maladives, la marque d’un personnage frustré psychologiquement. Ainsi l’Internationale communiste serait un motif privilégié, qui revient constamment tout au long du roman, avec l’allocution nationaliste contraire «Rwanda » qui fait citation au génocide de 1994.

Nous n’allons pas vous révéler la fin mais nous allons seulement vous dire qu’elle est originale et inattendue. C’est un suicide ou un assassinat perpétré à la fin et si le deuxième, commis par qui ? Le protagoniste serait soupçonné de crimes pédophiles à cause surtout de la disparition étrange de sa fille Louise, âgée de 2 ans. Il y aura un interrogatoire policier contre lui ou il trouvera la voie pour s’échapper aux policiers ? C’est à vous de lire la fin.

Après avoir gagné dans sa vraie vie deux procès grâce à la justesse (et justice) des tribunaux français, Costes parvient encore une fois à gagner le titre d’artiste accompli et radical.

Dionysos ANDRONIS

2 Responses to “Un bunker en banlieue”

  1. gary cummiskey Says:

    my french is atrocious so am picking up only bits about what this novel is about, but it sounds fascinating! I looked up Costes on google and see he is described as a scatalogical noise artist.I have been called worse, so it is not that bad.
    just wish that i hadnt stopped learning French at age 14 or else that this book was available in english.

  2. LA NOUVELLE QF Says:

    Yes Mr.Cummiskey, you’re right ! He is a scatological performance artist and noise musician and maybe the best french underground-transgressive film-maker since 20 years. He was the first to commercialize the films by Richard Baylor here in France with his society “Eretic”. Now this society became also a publishing house because Jean-Louis Costes (who is 54 years old now) began writing novels. My old articles about his films are always on line on his old site. This is the first article I write for his novels.

Leave a Reply