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April 23, 2008

Le fauconnier (1997) - un film sur Peter Whitehead

Filed under: dionysos andronis, film, peter whitehead — ABRAXAS @ 4:00 pm

« Rien n’est véritable dans ce film et tout est permis » annonce le prégénérique de ce documentaire de fiction sur la personnalité étrange et le travail du cinéaste anglais Peter Whitehead. En partant de l’électrocardiogramme du cinéaste, tel qu’il était le lendemain de son double infarctus (du 3 août 1996) les vidéastes Chris Petit (auteur du film « Radio On ») et Iain Sinclair (qui est très connu comme romancier) se livrent à une improvisation fictive pleine d’images névrotiques afin de recréer librement l’angoisse existentielle d’un grand artiste qui a frôlé la mort mais qui lui a échappé de très près grâce à son désir de vivre et de créer. La première partie du film s’intitule « Lettre d’un homme mourant ». Elle est basée sur une lettre fantastique que Whitehead aurait envoyé à deux amies : la photographe Françoise Lacroix et le mannequin russe Olga Utechina. Tourné en vidéo numérique, le film est un hommage au style « cinéma vérité » pour un cinéaste emblématique de la contre-culture, ou une hallucination de 70 minutes sur les différents aspects de l’activité de notre héros. Lacroix, en se demandant « pourrait-il être mon propre père ? », raconte d’une manière intime son admiration pour le cinéaste tandis que le réalisateur Chris Petit, en profil et à contre-jour, raconte son admiration pour le caractère bohème de notre héros, disant en argot que Whitehead est « un jeune ouvrier qui baise le système de l’intérieur ». Ses entretiens télévisés des années 60 à 1995 s’enchaînent en surimpression. Mais Whitehead, ironiquement, nous annonce que « Aucune femme n’a jamais eu autant d’activité sexuelle avec moi que mes faucons. Je me suis entraîné à copuler avec eux». Cette phrase à lui pourrait justifier le titre du film. Kathy Acker, morte la même année que le film, nous laisse une partition mélancolique.

La deuxième partie du film s’intitule « En éteignant la lumière » et consiste à révéler le rapprochement spirituel de notre héros avec Howard Marks, un genre de Timothy Leary anglais, théoricien de la « drug culture » anglaise, qui raconte plusieurs passages de leur vie commune. La troisième partie du film s’intitule « Deux messieurs du club des cadavres ». Le vieux poète Francis Stuart et Stewart Home, un jeune romancier et théoricien de la contre-culture, y racontent leur admiration pour Peter Whitehead en séquences entrecoupées.

En créant un effet d’asymétrie entre les trois parties du film, les vidéastes Petit et Sinclair nous offrent un petit trésor sacrilège et un portrait gonflé de leur objet de culte artistique. En suivant le principe dadaiste de faire l’éloge à travers la parodie, les auteurs exposent au début du film leur obsession fataliste en commentant « A 5h35 du matin, le 3 août 1996, le moment précis de la résurrection de Sirius, Peter Whitehead a souffert d’une crise cardiaque et a été hospitalisé à la Clinique Cromwell ».

Dionysos ANDRONIS

4 Responses to “Le fauconnier (1997) - un film sur Peter Whitehead”

  1. O~* Says:

    that whitehead! wherever he goes, he has birds throwing themselves at him! ;)

    hands up who isn’t in his thrall?

  2. la nouvelle qf Says:

    Because he really worked as a falconer (fauconnier) between 1982-1990 for an arabian prince. Very original, isn’t it ?

    After Chris Petit and Paul Cronin, the next documentary about Whitehead and Kaganof will be co-directed by CA CA CA (from the canadian “Cinéma Abattoir”) and me.

  3. O~* Says:

    yeah, i was making a silly joke (maybe lost in translation?) about the falcons and the swinging sixties, you know, when girls were known as ‘birds’? fucking hell, whitehead is supernaturally attractive. that’s what i was saying! :)

    i am sure your documentary is going to be fascinating!

  4. LA NOUVELLE QF Says:

    You say : “when girls were known as birds”. This is one of the themes of his masterpiece “Daddy” (1972), which is my favorite film together with yours. And I have to add here that you are also “supernaturally attractive”, like Whitehead.

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