the snow that killed manuel jarrow

« La poudreuse qui tua Manuel Jarrow » de Douglas Rushkoff »
In «Disco Biscuits », sous la direction de Sarah Champion, éditions Alpha Bleue, 1998, traduction par Aline Azoulay
Avec ce recueil de nouvelles, sa directrice Sarah Champion, a fait une erreur inexplicable au titre. Toutes les nouvelles incluses parlent de techno et d’ecstasy. Donc, la disco n’y fait pas partie. Pourquoi alors ce titre trompeur ? Nous avons voulu parler de cette fiction ordinaire parce qu’elle nous a fait penser au film préexistant « Wasted » de Ian Kerkhof produit en 1996, une année avant l’original anglais.
Douglas Rushkoff est un professeur universitaire américain. Il a collaboré plusieurs fois avec Genesis P-Orridge, qui est le sujet de notre film précédent « Pandrogeny Manifesto ». Avec cette fiction courte Rushkoff nous présente une histoire tragique de mort accidentelle provoquée par la drogue dans le cadre joyeux d’une boite techno. La victime serait Manuel Jarrow, un jeune squatter new yorkais, qui trouve la mort dans un bar de sa ville accompagné par son amie Bess.
Un néologisme dans le texte nous a fait penser aux jeux de mots employés par Genesis P-Orridge tout au long de sa carrière : «des rythmes variés par des ornementations Zepplinesques », in « Disco Biscuits », op.cit., page 233. C’est le même état d’esprit « psychédélique » qui pousse P-Orridge à employer des mots inexistants depuis ses premiers manifestes Coum du début des années 70.
Les retours fréquents au passé douloureux par le mourant jeune homme Manuel nous font penser aux hallucinations provoquées par la drogue dans le film préexistant « Wasted » de Kerkhof. Ses mauvais souvenirs d’un homme en train de mourir sont soulagés par son amie Bess. Dans le film de Kerkhof les mauvaises hallucinations du couple étaient « guéries » surtout par l’insistance de la jeune protagoniste. Et la personne à mourir par la drogue à la fin dans une boite techno était le DJ, incarné par Thom Hoffman.
Rushkoff écrit seul son CV à la fin de cette anthologie avec un peu d’humour en disant : « Etant américain, il se fait taper sur les doigts chaque fois qu’il affirme à son lectorat britannique (ndlr : Sarah Champion est irlandaise) que tout ira bien » op.cit., page 345.
écrit par Dionysos Andronis
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