kagablog

November 25, 2009

Le terrorisme considéré comme un des beaux arts (2009), un film de Peter Whitehead

Filed under: dionysos andronis, film, peter whitehead — ABRAXAS @ 5:37 pm

Peter Whitehead n’avait pas filmé depuis 32 ans. Son avant-dernier film datait de 1977. Maintenant il retourne derrière la caméra pour nous transférer à l’écran son dernier roman éponyme. Dans ce long métrage de 2h35, Whitehead nous livre le portait d’une ville glaciale mais peuplée par les grâces féminines de plusieurs jeunes actrices. C’est avant tout le portrait de Vienne d’aujourd’hui. Il y incarne le rôle d’un agent MI6 Michael Schlieman qui travaille pour les services secrets britanniques afin d’élucider le mystère et l’echec des plusieurs opérations du passé. Il y a des points communs sur l’épave du Ranbow Warrior de Greenpeace et le meurtre d’un photographe-reporter de la même organisation. Schlieman fait partie d’un groupe de terrorisme écologique et son alter ego Whitehead nous révèle que son roman est centré sur “la peur et le contrôle ou plutôt sur la peur que l’état diffuse afin d’assurer son contrôle (dans le catalogue de la Viennale 2009).

Le film commence avec la Cinémathèque de Vienne et Schlieman qui y vient poser des questions à une belle et jeune documentaliste, interpretée par Sophie Strohmeier. Cette recherche aimerait aboutir à l’écriture d’un roman. La documentaliste jouera surtout le rôle de l’interprète à ses contacts. La couleur bleue est présente dans plusieurs scènes de la ville fluviale et les vers de Seferis et Kazantzakis sont suimposés à l’image. Ces vers accompagnent la fluidité du récit.

Schlieman doit retrouver la jeune Maria Lenoir, la fille de Nora qui était le personnage central d’un autre roman plus ancien de Whitehead, publié en 1990 “Nora and…”. Une belle toupie mystique tourne pendant le film et le groupe local Black Flash chante ses chansons pendant que le monologue de Schlieman ne cesse de renverser les points de répère. La musique instrumentale composée par Whitehead accompagne la plupart des scènes.

Il y a une différence sur le plan de la mise en scène avec les films anciens du cinéaste. Les images ne sont pas pleines de recherches formelles basées sur l’esthètique de la déstruction. Mais la sensation poétique est basée maintenant sur la structure de cette histoire compliquée et à plusieurs niveaux.

A la fin de la troisième partie Schlieman sera retrouvé mort assassiné sans réponse à ses questions du début. Son corps est allongé sur le siège d’un wagon du métro viennois. Et le vers d’Homère nous assure que “la mort bleue ferme ses yeux”. C’est le troisième poète grec dans le film. Nous avions filmé le “making of” du nouveau long métrage et Whitehead nous assurait que “les personnes interrogées sont en train de monter le film de sa mort” (op.cit. “By any old light” publié sur le kagablog du 07-10-08).

“Nous avons détruit le Tiers Monde et nous détrusions maintenant la planète” (Whitehead, op.cit. dans la catalogue de la Viennale 2009).

écrit par Dionysos Andronis

One Response to “Le terrorisme considéré comme un des beaux arts (2009), un film de Peter Whitehead”

  1. unknown soldier Says:

    Peter Whitehead wrote me today :

    “Only two mistakes in your article - “Rainbow” Warriors!
    Not the “Vienna Cinematheque” - but - The THIRD MAN MUSEUM - in Vienna - devoted to documenting the history of the making of the Orson Welles film. And the Rebuilding of the City of Vienna after the war”.

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