kagablog

November 3, 2009

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September 20, 2009

nice to meet you, please don’t rape me!

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l-r: matthew oats, gustav geldenhuys, eric miyeni

July 3, 2009

Sabine Cessou: Sexe, race et apartheid

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 6:35 pm

En Afrique du Sud, l’ampleur des violences sexuelles reste un mystère. Héritage de la violence inhérente à l’apartheid ? Phénomène de société dans un pays rongé par les inégalités ? Traumatisme d’après guerre ? Les arts, qui n’osent pas encore s’intéresser frontalement au sexe, ne livrent, sur la question, pas d’explications plus plausibles que celles des psychanalystes ou des sociologues.

” Nous n’échangions pas de gestes tendres. Ou alors parfois, d’une façon particulière. Je la touchais et je la caressais mais jamais elle ne me touchait ainsi. Nous n’avions pas le droit de nous embrasser – j’avais essayé et elle avait brutalement détourné le visage en disant : ‘Non, non’. J’avais demandé pourquoi sans recevoir la moindre explication et ce mutisme me convenait. Comme me convenait notre incapacité à réellement parler. Nous nous unissions dans l’intimité de l’acte primitif en maintenant béante la profonde distance qui nous séparait. ”
Dans Un docteur irréprochable (Éditions de l’Olivier, Paris, 2005), son dernier roman, Damon Galgut donne un point de vue strictement blanc. Lorsque son antihéros, Frank Eloff, médecin quadragénaire, volontairement perdu dans un hôpital d’une zone rurale reculée, croit s’éprendre d’une jeune femme noire, la relation tourne vite autour de son épicentre : un acte sexuel qui va permettre à la jeune femme de demander un peu d’argent. Aucune autre forme de communication ne paraît possible – ni même souhaitable – entre ces deux êtres. La relation n’évolue que pour se racornir. ” Nous faisions l’amour autrement. C’était devenu rude, brutal, avide. Seul comptait peut-être le sexe, maintenant, l’amour avait disparu. J’étais dur avec elle. Pas violent mais avec une tendance à la violence qui déséquilibrait tout. ”

Quand sexe rime avec haine
Dans La Madone d’Excelsior, le romancier noir Zakes Mda donne le contrepoint. Il nous glisse dans la peau d’une domestique noire qui subit les avances d’un homme blanc, dans un bourg lui aussi perdu, au fin fond de la province de l’État libre. Cette femme, lorsqu’elle laisse son patron coucher avec elle, fixe toutes ses pensées sur la vengeance. Le sexe, ici, n’a plus rien à voir avec l’amour, mais avec son pendant le plus proche : la haine.
Curieusement, très peu d’œuvres sud-africaines traitent de ce sujet central, au pays des records mondiaux des viols et autres abus sexuels. En 1985, le film Dust (1) a évoqué la transgression de la célèbre loi sur l’immoralité (Immorality Act), qui a pénalisé les rapports sexuels interraciaux à partir de 1950, alors que les mariages mixtes étaient déjà interdits. Tirée d’un court roman de John M. Coetzee, In the heart of the country (1977), l’intrigue de Dust est plantée dans le huis clos d’une ferme. Elle peut être lue comme une métaphore de l’enfermement national pendant l’apartheid, un régime aux abois dans un pays replié sur lui-même. Cette histoire est aussi un condensé du rapport de domination et de la lourde ambiguïté qui marquent ce que l’on appelle encore, aujourd’hui, ” les relations de race ” en Afrique du Sud. Une femme blanche, Magda, est claquemurée dans son existence de vieille fille, aux côtés de son vieux père, silencieux. Tout change à l’arrivée d’un couple d’employés noirs. Alors que le père se met aussitôt à harceler la jeune domestique, Magda, elle, est troublée par l’homme noir, en dépit du cynisme qu’il affiche à son égard.

” Acte sexuel purement physique ”
Est-ce parce que le pays reste profondément marqué par la religion ? Le sexe, en tout cas, n’a été abordé que par très peu d’auteurs de manière frontale et directe. En dehors de J. M. Coetzee ou de Sello Duiker, un jeune écrivain noir qui s’est suicidé en janvier dernier, il reste accessoire dans la littérature. Dans son dernier roman, The cry of Winnie Mandela (David Philip, Le Cap, 2003), l’écrivain noir majeur qu’est Njabulo Ndebele dresse une série de portraits de Pénélope noires. Des femmes qui ont passé, comme Winnie Mandela, leur vie à attendre leur mari, parti travailler à la mine, ayant quitté le pays pour un long exil ou n’ayant pas pu échapper à la prison. Dans cette radiologie des rapports hommes-femmes dans un pays endommagé par des années de dislocation du tissu familial, provoqué par le travail migrant des mineurs, puis les lois restreignant les mouvements des Noirs dans les villes, Njabulo Ndebele livre – au passage, toujours, sans en faire son sujet principal – une explication de la violence liée au sexe. Extrait : ” Ukufeba. Baiser. Botekatse. Quel mot ! Chaque langue le comporte. Il évoque un acte sexuel purement physique entre un homme et une femme. Une aventure d’une nuit. Un rapport vite fait. Un tsa-tsa. Un viol. Le sexe sans engagement. Un acte trivial de procréation rampante accompli sans rituel. Une forte inclination physique chez l’homme à pomper et expulser son sperme, et à libérer un désir hors de toute contrainte. Le sperme émis, il se lève et s’en va en se reboutonnant, une machine soudain sans valeur. (…) Baiser. Voilà ce que c’est. Un exercice violent de sexe sans le poids des conséquences. C’est le sexe hors de toute contrainte sociale. ”

Des plasticiens silencieux face au viol banalisé
Au cinéma, le film d’avant-garde Nice to meet you, please don’t rape me (2) a raconté la vie de trois violeurs Noirs des townships, en se plaçant de leur point de vue. Dans ce film dérangeant, où les seules femmes présentes ne sont que des mannequins en plastique, le viol est montré dans toute sa spécificité sud-africaine : tous azimuts, entre hommes y compris, comme l’ont révélé bien plus tard, à partir de 2002, les auditions de la commission Jali, chargée d’enquêter sur la corruption dans les prisons. Des témoignages de jeunes prisonniers, victimes d’un véritable esclavage sexuel orchestré par des gardiens comme par d’autres détenus, ont choqué la nation. Sans pour autant inspirer les artistes.
S’il se trouve des photographes pour s’intéresser aux victimes plus ordinaires des viols, femmes et enfants, le sexe, dans les arts, n’est jamais traité qu’en passant, comme s’il relevait de ces évidences qu’on ne voit plus, tellement elles crèvent les yeux. Certes, des verges fleurissent en guise de pistils dans un parterre de fleurs, sur une image récente de Tracey Rose, en grand format. Mais prise dans son ensemble, l’œuvre de cette jeune plasticienne qui monte cherche plutôt à tourner en dérision un malaise féminin et métis dans un monde de machos noirs et blancs. Pour s’amuser, en marge de ses peintures sur toile, le jeune peintre blanc Karl Gietl a découpé des filles de toutes les couleurs montrées par d’anciennes revues pornographiques – des années soixante, au plus fort de l’apartheid – dans les positions les plus obscènes, pour les réorganiser en petits collages bien encadrés. Le résultat : une sorte d’égalité aussi inconsciente qu’involontaire devant la vulgarité.

Sabine Cessou

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Pitié pour les violeurs ?

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 6:12 pm

Fallait-il un roi pour réduire les Dutroux ? Le “sursaut moral” auquel, en octobre 1996, Albert II appelait ses sujets traumatisés a l’avantage de désigner le Mal : sur fond de perversion horrifique (le Mal suprême, le Mal en quelque sorte ontologique), corruption des élites laïques, faillite de l’État démocratique, désordre des murs contemporaines, dissolution des vieux principes. Et ça continue à présent en France, avec le démantèlement du réseau niçois. Inaugurant cette croisade, trois cent mile Wallons et Flamands, ressoudés par l’épreuve, avaient battu le pavé l’an passé au nom du cur outragé et de la chair bafouée; l’Église et la Monarchie, hérauts intemporels de la conscience universelle, réinvestirent la citadelle de l’Ordre assiégée par l’hydre sexuel. Il est fatal que violence nous atteigne là même où la douleur point l’occident, mais à dose homéopathique : enfants-martyrs, jeunes filles victimes de la concupiscence des mâles corps sacralisés, sanctifiés par l’innocence, désignés à la compassion du corps social selon un protocole où les médias concélèbrent le sacrifice en connivence avec le peuple : puisqu’il faut expier, que la cause soit pure, I’hostie virginale, la messe totale.

Le drapé moraliste revêtant toujours la bêtise, bête frileuse, c’est sous la rigueur d’un tel climat qu’on en vient à censurer une affiche plutôt pince-sans-rire, mais nullement hérétique en somme, celle du “Larry Flint” de Milos Forman : or, selon le dogme, pas de sacrifice du Christ sans Immaculée conception, pas d’Eucharistie sans Vierge Marie. La matrice de Marie façonne le premier clou de la crucifixion. Dans le même ordre d’idée, les ligues de vertu hérissées par son affiche se chargent maintenant d’organiser la publicité de “Chamanka”, le dernier opus hystérique de Zulawski, qui n’avait pas besoin d’un tel service de presse : dans cette projection fantasmatique du polonais prodigue, plutôt lancinante à force de gesticuler, l’omniprésence du coït désamorce toute pornographie, la répétition frénétique de l’acte sexuel en efface le vertige, et l’orgasme quasi abstrait qu’on nous y montre à satiété, paradoxalement, semble au voyeur qu’aimerait bien être le spectateur l’emballement vaguement ridicule d’une machine-à-jouir sans affect : histoire autiste, névrose banale, pulsion privée de vraie charge érotique. Et ça donne un film, dans le fond, d’une pruderie totale à force de déclamer le spasme comme un acteur qui dirait son texte avec emphase. Mais il se trouve toujours des imbéciles pour dénoncer le scandale là où, tristement, en place du scandale, il y a la forme du scandale, tout comme, à défaut de sexe, on trouve de la sexualité.

Hors des formes codées de ces dramaturgies qui servent de balise et de produit d’appel idéal aux grands médias, l’exilé Ian Kerkhof se montrait, lui, plus discrètement iconoclaste que ces cinéastes estampillés scandaleux comme de vieux timbres-poste, ou ces innombrables bonnes âmes qui envahissent écrans et chaussées : montré au 14ème Festival de Ouagadougou en 1995, son film “Nice to meet you, please don’t rape me” inaugurait, ironie du sort, la participation de l’Afrique du Sud au “Fespaco”, développant une élégie acide qui confrontait à une donnée brutale les séquelles de l’apartheid : le viol statistique d’une femme toutes les quatre-vingt trois secondes, soit un nombre affolant de Dutroux en puissance, s’il est vrai que la fin du viol est moins dans le plaisir que dans le meurtre. “Aucun événement qui ne commence sans nous défaire, aucun amour qui ne commence sans nous tuer”, constatait-il, en rupture avec le lénifiant consensus du Bien. Béni sois donc Kerkhof entre toutes les femmes.

Autre magnifique rebelle aux figures imposées de la Vertu (l’autre nom du politically correct) : Catherine Breillat. Loin des poncifs, “Parfait amour !” renversait la logique manichéenne qui sépare de façon étanche et mécanique le coupable (le violeur) et la victime (la femme). Le tabou, aujourd’hui, c’est d’interroger les catégories mentales hors des promesses (jamais tenues) des “bonnes intentions”. Hors du souci de moraliser, de faire sur toutes choses oeuvre pédagogique. Dans le film, la prétendue véracité de la reconstitution policière d’un viol (prélude à ne pas rater) se trouve ensuite sapée par la rétrospective des circonstances qui y mènent. Catherine Breillat, subtilement mais sans faux-semblant, laissait éclater l’ambivalence des pulsions, même mortelles : sous les espèces d’une femme coupable, en somme, de son propre viol et de sa propre mort. L’amant et bourreau juvénile, instrument de sa propre névrose ! Il est symptomatique qu’une telle “provocation” s’exprime aujourd’hui par la voix d’une femme cinéaste. Non qu’en soi le discours y gagne quelque plus-value intellectuelle ou morale : mais précisément, le revers de la douceur consensuelle, c’est qu’une certaine âpreté (une certaine vérité) n’est désormais plus recevable sous peine d’être assimilée à du sexisme, du racisme, etc. Vivant aujourd’hui, un marquis de Sade ferait les frais d’un tel déni. Seule une femme, au rebours de toute intention “féministe”, peut encore oser dire ce que l’homme, lui, doit taire, occulter ou, comme Zulawski, pitoyablement bramer tel un vieux cerf. Le film de Catherine Breillat a été sifflé à Cannes. Cinq ans après “Sale comme un ange”, film tout aussi admirable. Un tel désaveu en dit long sur l’obscurantisme ambiant. Qu’importe : le cinéma y a gagné une oeuvre. Catherine Breillat a le projet de réaliser un film porno. Zulawski peut rhabiller ses modèles : Breillat fera bander plus dur.

Qu’on s’entende bien : il ne s’agit pas de légitimer Dutroux, d’instituer une amicale des psychopathes, ou de souhaiter un syndicat des meurtriers d’enfants. Simplement, les mafias pédophiles sont-elles plus horrifiques que les cartels de la drogue parce qu’on touche au bas-âge ? Il faudrait encore rapporter l’inanité merveilleuse du festival de Venise 1996 consacrant une fillette pour ses talents d’actrice, au spleen pathétique d’une société pour qui le sommet de la tragédie se concentre dans un abus sexuel… Si ceux-ci se multiplient dans les médias, ce n’est pas, à l’évidence, qu’ils soient devenus plus nombreux dans les faits; mais qu’ils focalisent désormais, un peu comme naguère les bébés phoques pour le péril des races animales, le sentiment collectif de fragilité morale et de précarité sociale. C’est même, chez nous, la seule tirelire du tiers-monde qu’on accepte encore de remplir. Et encore : un demi-million d’affamés zaïrois peuvent errer dans la jungle des semaines entières sans que le public en soit affecté sous nos latitudes.

Nommer le monstre pour frémir du crime ne serait-il pas un geste plus monstrueux que le geste du crime lui-même ? Les médias édulcorés ont des héros en sucre d’orge : normal qu’ils fabriquent aussi des prédateurs en carton-pâte et des paniques collectives de série-télé. Le dernier Lars von Trier, “Breaking the waves” en disait long, lui aussi, sur la façon dont les bien-pensants tirent l’interprétation vers le contre-sens, pourvu qu’il soit secourable aux bonnes moeurs. On a dit et répété que c’était l’oeuvre d’une conversion, un film d’essence catholique. Pourquoi pas ? Mais l’essentiel est ailleurs : dans la parfaite amoralité de cette sainteté. Dans le désordre de cette intraitable passion (à la fois calvaire mortel, amour fou, sacrifice du corps) qui unit l’innocence absolue et le désir sans frein. Car ici la femme-enfant (jouisseuse sans péché) et l’homme-tronc (impuissant pervers) forment bien le couple finalement consacré par le Ciel. Presque dix ans après “Epidemic”, film inouï, méconnu, le réalisateur danois se risque encore dans les replis et les remugles où chair et haine saignent et suent, où la compulsion et le salut s’embrassent. Approche généreuse, au fond, parce que sans tabou ni ressentiment. Mais, platement, on s’en est tenu, s’agissant de “Breaking the waves”, à la leçon de catéchisme.

Pour en finir avec ces rapprochements qui tendraient à prouver que si crime et viol ne paient pas forcément, la posture “moraliste” rembourse encore moins les frais, “Tesis”, de l’ibérique Amenabar, 23 ans, pourrait faire office de manifeste. La complaisance tartufe de la télévision vis-à-vis de la violence et du cul y est habilement démontée, et de ce rocambolesque scénario autour d’un trafic de “snuff movie” (cassettes vidéos avec meurtre en direct) pimenté de sexe juvénile et maniaque dans une université chic, il ressort que rien n’est plus jouissif, rien n’est plus dangereux, rien n’est plus ardent que la faute. La faute de goût. La fausse note. Au cinéma, aujourd’hui, c’est l’exception. Et pas seulement au cinéma.

Rémi Guinard.

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Nice To Meet You, Please Don’t Rape Me (1995); by Ian Kerkhof, 16mm, 71 minutes

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 5:35 pm

San Francisco Cinematheque

‘”No event that begins without undoing us, no love that begins without killing us.’ This sentence refers to the electroshock produced by the images and sounds of Ian Kerkhof s film. He cries out his thwarted love affair with a country which he does not want to hate, which he was forced to leave and which he still wants to believe in. Still wants to believe in even if electing a black president does not suffice to turn around the fate of an entire people. Kerkhof sounds the alarm bell so that an abortive appointment with History can be avoided. His solution? Dying, loving, being bom again. A trinity.

“A morbid trinity, made up of a black man, an Afrikaner and an English man, make a descent into hell and meet up with the obsessional world of the filmmaker, who explores the ins and outs of a society sick within itself, with apartheid. South Africa is exposed naked in its ugliest, most shameful feature: rape. This ubiquitous parable takes on all forms: sexual, verbal, political, moral, psychological.

‘”Nice to meet you, please don’t rape me’. Interrupted by torrents of obscenities, this prayer is hummed during the entire film. It also becomes a dream where fiction and reality are blended, such as when the actors, stepping out of their roles, reveal, perhaps in spite of themselves, the demons that haunt them.

“Paradoxically, the film is a hymn to love. Raping in order to die, forgiving in order to love, living in order to be born again. It is a harsh, jarring, caustic film about the absurdity of a society in which the only genuine victory today over apartheid is the fact that a black or white woman is raped every 83 seconds. ‘It’s monstrous, but South Africa is like that.’”

— Miss N’Gone Fall, Revue Noire, June 1995

“This film is an analysis of South African society using the metaphor of rape. The film perceives South Africa as a rape culture, wherein the relationships between men and women have been so perverted by a history of colonialism, apartheid and violence that people cannot engage in normal social intercourse. The film is about three men, an un-holy trinity, but they are not real characters, not real individuals. They function to present the audience with archetypes and concepts. The narrative developments lead to the men raping each other, but not just sexually, they also do so verbally. The possibility of friendship between themselves is polluted by their violent backgrounds.

“The actors were prepared to enrich the film with a lot of personal experience. That’s clear from the acting level but also a great deal of the script information came from them: an Afrikaner, a black man and a white English speaker - they represent different aspects of South African society. Under apartheid all the inhabitants of South Africa learned to live with hate; that there has been a democratic election does not automatically mean that all that hate will just evaporate.

“I am appalled at how superficially the media treats South Africa: as if the election day ended an entire history. But hate is still brewing in people’s hearts, even if it isn’t legitimized by the state any more. That is what I wanted to show in the film. I compare this film to a huge ripe boil; it is full of pus, but only once that boil has been burst and the pus has seen the light of day can one even think of the healing beginning. This was the process that the actors went through. After a few days the trust was established and then in the free space of the rehearsal room anything was possible. A lot of really terrible stuff came up. Racial hatred has been deeply impregnated in black and white South Africans, regardless of education levels and financial privilege. The space that the actors received in order to express that hatred was very satisfying for them.

“I get letters from all three actors who are still to an extent dealing with the after effects of the openness with which they dealt with each other during the shooting. I think you can see that clearly in the final scene of the film in which the men are literally chained to each other: despite all the terrible stuff they have done to each other they still have to face the future together. It is a simple metaphor but I wanted it to be clear and I hope that South Africans get the opportunity to see the film. People have found the film extremely pessimistic… but for me it is about the insight that these people are bound together because of the appalling history that they share. So I see it as a hopeful film. Not a pleasant, but definitely an honest, film.”

— Ian Kerkhof

Ian Kerkhof was bom in South Africa in 1964. In 1994, he completed his studies at the Netherlands Film and Television Academy. He has made several short films and five full-length films, including Kyodai Makes the Big Time .

from the Program Notes Booklet 1996 san francisco cinematheque, see here

June 5, 2009

confessions of a yeoville rapist @ fespaco, 1995

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 12:25 am

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June 2, 2009

confessions of a yeoville rapist

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 2:04 pm

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March 18, 2008

Traumatised South African children play ‘rape me’ games

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 12:03 am

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September 12, 2007

cry of despair

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July 11, 2007

Confessions of a Yeoville Rapist

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 4:10 pm

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Format, Length, Colour: 16mm, 67 min

Year of Release: 1994

Director: Ian Kerkhof

Shooting Location (Country): South Africa

Country used for Post Production: The Netherlands

Synopsis: A young South African filmmaker returns to his fatherland for the VPRO in order to make a film during the elections. But rather than casting a vote, Kerkhof makes a brutal, disturbing portrayal of violence in a society in psychotic crisis.

Production company: Stitching Zapruder/VPRO, Box 18252 1001 ZD, Amsterdam, The Netherlands

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May 27, 2007

ian kerkhof inaugurated into the africa hall of fame

Filed under: ian kerkhof, 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 12:54 pm

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African Greats life stories and achievements will be featured continuously in the Africa Hall of Fame Institution and each year a small number of these African Greats will be inducted into the AHOF as Africa Hall of Famers.

Film and T.V.

Ali Mazrui - Kenya; scholar, moderator of 1986 BBC TV series, The Africans
Amanda Strydom - South Africa; actress, cabaret performer, and singer
Anant Singh - South Africa; producer, Mr Bones, country’s highest-ever grossing film
Arnold Vosloo - South Africa; actor, Mummy, Mummy Returns, 24 season four

Basil Rathbone - South Africa; 1930s, 1940s Hollywood actor, Sherlock Holmes

Charlize Theron - South Africa; actress, winner of the 2003 Best Actress Academy award for Monster

Dani Kouyaté - Burkina-Faso; film maker, 2002 Sia, le rêve du python
David Lister - South Africa; film maker, creator of comedy Soweto Green (1963)
Djibril Diop Mambety - Senegal; filmmaker, Touki Bouki, (1989)

Gaston Kabore - Burkina Faso; film maker, Buud Yam

Haile Gerima - Ethiopia; filmmaker, of slavery-themed film Sankofa
Henry Cele - South Africa; actor, acted as Shaka Zulu in film of the same name

Ian Kerkhof - South Africa; film director, Nice to meet you, please don’t rape me!

Jean-Marie Teno - Cameroon; film maker, Aristotle’s Plot (1996)
John Kani - South Africa; theatre producer, also film producer Sarafina!, 1992
Joseph Henri - Gabon; film maker, Le Singe Fou

Ken Gampu - South Africa; actor, as witch doctor in TV series Black Velvet Band

Leon Schuster - South Africa; lead actor in hit film Mr Bones

Med Hondo - Mauritania; Senegalese father, filmmaker, Les Ambassadeurs, (1976)
Merzak Allouache - Algeria; film maker, Salut Cousin (1996)
Mohamed Camara - Guinea; film maker, Dakan (1996)
Moufida Tlatli - Tunisia; Arab woman film director, 1994 The Silences Of The Palace

N!xau - South Africa; actor in 1981 comedy film The Gods must be crazy
Nacer Khemir - Tunisia; director, actor, screen writer, Tawk al hamama al mafkoud

Omar Sharif - Egypt; actor, born Michael Shalhoub, took lead role in film Dr Zhivago
Ousmane Sembene - Senegal; film director and author of novel, God’s Bits Of Wood

Safi Faye - Senegal; film maker, Mossane (1996)

Tunde Adebimpe - Nigeria; Hollywood actor

Vusi Kunene - South Africa; TV actor, (2001) Diamond Hunters, Final Solution

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April 26, 2007

nice to meet you, please don’t rape me!

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 1:01 am

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April 25, 2007

confessions of a yeoville rapist

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April 24, 2007

a cry of despair about rape in south africa

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April 10, 2007

nice to meet you, please don’t rape me!

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 1:28 am

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nice to meet you, please don’t rape me!

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March 19, 2007

nice to meet you, please don’t rape me!

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March 13, 2007

an african film?

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March 11, 2007

nice to meet you please don’t rape me!

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November 1, 2006

nice nice nice

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 5:18 pm

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October 29, 2006

nice to meet you, please don’t rape me!

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 2:15 pm

Chris McGreal in Johannesburg

* Thursday March 13 2008

South African schoolchildren are so affected by crime that they play games of “rape me, rape me” and mimic robberies in the playground, according to the country’s human rights commission. In a report on school violence published yesterday, the commission said schools were the “single most common” site of crimes against children, such as robbery and assault, including rampant sexual violence, some of it by teachers.

The commission said it had identified a number of games pupils played in response to the violence, including one in which they pretended to rape each other. “This game demonstrates the extent and level … brutalisation of the youth has reached, and how endemic sexual violence has become in South Africa,” it said.

The report said that a fifth of all sexual assaults on young people occurred at school. A survey of 1,227 female students who were victims of sexual assault found that nearly 9% of them had been attacked by teachers.

The commission also found that some boys committed what they called “corrective rape” on lesbians, justifying the assault by claiming that it would make the victims heterosexual. “There is a growing phenomenon of corrective rape. This refers to an instance where a male learner rapes a lesbian female learner in the belief that after such a sexual attack the learner will no longer be lesbian,” the report said.

A separate study by the Thohoyandou Victim Empowerment Programme found that a quarter of secondary school students said that forced sexual intercourse did not necessarily constitute rape.

The human rights commission report said that more than 40% of the young people it interviewed had been victims of some form of crime. It recommended that the education department consider introducing metal detectors and fences at schools, after the Red Cross children’s hospital in Cape Town said it commonly treated school pupils who had been assaulted with fists, knives, machetes or guns, or who had been raped.

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October 25, 2006

nice to meet you…

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 9:49 am

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October 19, 2006

miyeni

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 3:59 pm

“i played one of the three rapists who are one rapist really, spread three ways so to speak, for ian kerkhof, a friend, a master of his craft, and one of the most original voices in cinema today. in “nice to meet you, please don’t rape me!” you will see what is to date my most impassioned performance. it’s wired. it’s crazy. it’s plain fucking insane. it’s honest. and it’s all true. that’s the horror.”
eric miyeni, january 1995

October 18, 2006

raison d’etre

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 4:16 pm

October 17, 2006

the analysis

Filed under: 1995 - nice to meet you, please don't rape me! — ABRAXAS @ 11:41 am

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